Werchter - Jour 3 - 5 juillet 2008 - you used to be alright, what happened?

Werchter - Jour 3 - 5 juillet 2008 - you used to be alright, what happened?
C'est avec une excitation envahissante que je commence cette 3e journée, la plus attendue. Après un décompte de (trop) nombreux jours et ensuite d'heures, Radiohead jouerait enfin devant nous à 23h30.

On commence doucement la journée en saluant de loin Beth Dido, la chanteuse engagée de Gossip qui nous livre son rock excité sur la Main Scene. On prend plaisir à l'entendre commencer Crazy de Gnarls Barkley, mais sachant que je verrai beaucoup cette (trop) grande scène aujourd'hui, je décide de les quitter afin d'aller écouter le phénomène MGMT. C'est une foule nombreuse qui se cache sous la Pyramid et qui nous empêche d'approcher, nous écoutons donc leurs compositions depuis l'extérieur. Malgré la grosse dizaine de chansons que j'ai pu écouter avant de venir à Werchter, je ne suis pas vraiment passionée par ces Américains anciennement nommés The Management. J'ai autre chose en tête, et les t-shirts de Radiohead qui défilent par dizaines devant moi ne font rien pour arranger cela. Je sens une atmosphère différente de celle des autres jours, j'entends "Thom Yorke" partout autour de moi, quelque chose dans l'air est palpable. Mais l'heure n'est pas encore à les attendre.

C'est The Hives qui attireront ensuite nos faveurs, malgré une envie d'aller voir Band Of Horses que j'ai quand même beaucoup écoutés au cours de ces derniers mois. Mais j'ai apparemment perdu la raison en ce 5 juillet 2008. Soit. C'est la 2e fois que j'ai l'occasion de voir les Hives, et je dois avouer qu'ils ne sont pas déplaisants, excepté que ces Suédois sont complètement barrés. Ils nous jouent leur garage rock entrecoupés de grimaces voire d'insultes (gentilles moqueries du public qui fait tout ce qu'Angus Young lui demande). Une arrogance qui pourrait être énervante mais qui se révèle surtout amusante. En gros, un groupe très bien taillé pour le grand public de la Main Scene à qui il semble beaucoup plaire, et des chansons énergiques au rythme aisé. Un divertissement bienvenu qui réveille.

On décide de commencer l'opération approche. Claire et son ami retrouvés, passage aux toilettes, direction l'avant de la Main Scene pour Editors (concert complet: 1 2 3 4 5 6). D'accord je pourrai en avoir marre après déja deux fois, et j'avoue même avoir abordé ce concert avec un petit air blasé, mais rien à faire, j'ignore l'origine de la corde invisible qu'ils semblent toucher en moi mais elle semble bien exister. I don't think that it's gonna rain again today, première phrase de An End Has A Start, la pluie ne s'arrêtera que momentanément mais elle s'arrêtera quand même après cette phrase un bon moment. Et puis, c'était la première fois que Claire voyait en vrai Tom Smith nouer ses bras autour de lui-même, et se tordre le cou étrangement pour atteindre un micro pourtant tout proche. Entendre vraiment sa voix grave faire vibrer l'air qui nous entoure, se dire que Joy Division vit parfois encore un peu à travers certains groupes qu'ils ont indéniablement inspirés; ça n'a pas de prix Mon seul regret serait que cette 3e fois, et bientôt la 4e au Pukkelpop, sont toujours pour présenter l'opus de 2007 et non pas un nouvel opus. 4x la tournée An End Has A Start, ça donne une envie amère de nouvelles chansons. Nous n'aurons droit qu'à une seule nouvelle chanson, mais qui présage un album dans la continuité des deux précédents. Nous apprendrons par la suite que nous avons assisté à un concert historique, le 1000e de Werchter. En y réfléchissant vraiment, j'admet qu'au fond pas mal de leurs chansons se ressemblent beaucoup, et c'est un des critères pour lesquels je peux rejetter un groupe (par exemple The Verve dans l'article du deuxième jour). C'est donc une sorte de traitement de faveur que je semble leur accorder, dans le sens où même si les riffs de la guitare sont régulièrement similaires, même si les paroles font souvent parties du même registre, je vois toutes ces chansons comme totalement différentes et uniques.

Nous sommes dans les 10 premiers rangs, légèrement décentré vers la droite, pour assister au concert des Kings Of Leon, que j'avais déja pu voir l'année passée à une bonne place également, et que j'avais tout à fait détesté. Ces trois frères et leur cousin m'avait laissé de glace par leurs comportements froids et distants. Ce chanteur immobile collé à son micro et ses musiciens statiques nous avaient complètement ennuyé pendant de longues minutes. C'est donc avec un fameux déplaisir que je m'apprêtais à les écouter à nouveau, mais à ma grande surprise, je me rends compte après quelques minutes qu'ils semblent avoir évolué. Le public à nos côtés est complètement déchainé (des pogos incessants et fort ridicules) ce qui se révèla fort désagréable durant les premières minutes (légèrement pluvieuses) mais tout s'arrangea bien vite, une fois les imperméables enlevés et une concentration extrême pour ne pas se faire déchirer les tibias. Deux filles stupides ont l'idée de monter sur les épaules de quelqu'un juste devant nous, mais nos voisins et nous les remettons bien vite à leur place. Au final, je découvre vraiment les chansons de ce groupe dont je ne connaissais que deux ou trois compositions auparavant. Un peu moins rock que prévu et plus subtil que dans mes souvenirs, à réécouter ultérieurement.

Dans l'attente de Ben Harper passe en arrière plan une chanson inespérée. Dès les premières notes de Love Will Tear Us Apart, Claire et moi échangeons un regard surpris, et nous chantons en choeur cette perle d'un autre âge. C'était pour le moment émotion Joy Division. Je ne connaissais pas Ben Harper avant de le voir à une place exemplaire, 5e rang face à lui. Bien sûr je le connaissais de nom et de réputation, mais j'ignorais totalement ce qu'il en était réellement. J'ignorais que sa musique était avant tout du reggae, qu'il jouait de la guitare assis (sa guitare repose à plat sur ses genoux et il s'aide d'une barre métalique pour effectuer ses slides), que ses "Criminels Innocents" étaient des virtuoses, que le groupe était si proche du public. Les percussions sont surement ce qui m'a le plus marqué après sa façon de jouer de la guitare. Il n'y a pas qu'un batteur à ces côtés, et il y a aussi ce percussioniste qui jongle entre ses djembés et ce bassiste qui possède une technique effarante. Un moment qui se révèla donc très agréable malgré la faim et la soif qui nous tiraillent, et nos jambes qui commencent sérieusement à souffrir de notre statut (debout) depuis de nombreuses heures.

C'est à ce moment-là que Claire se dévoue pour tenter d'aller chercher à boire. Mais elle n'arrivera jamais réellement à revenir, car la foule devient vraiment très très dense. On décide de reculer un peu pour la rejoindre, et cela nous pris cinq bonnes minutes pour reculer de 10 mètres en diagonale. On se retrouve, un rien abreuvées, à côté de trois sympathiques australiens rencontrés plus tôt dans la journée pendant Kings Of Leon, prêtes à regarder Sigur Rós d'une place qui reste très proche. Un concert que j'aurai malheureusement un peu trop survolé car la douleur dans mes jambes semblaient avoir atteint son apogée et j'ai du à plusieurs reprises m'accroupir un instant (c'est tout ce que je savais faire avec une telle foule). Ma connaissance de leur discographie n'était pas assez étendue que pour reconnaitre tous les morceaux qu'ils nous ont joué, mais j'ai reconnu la plupart quand même. Évidemment, le problème avec Sigur Rós est qu'il est impossible de suivre les paroles étant donné que la moitié sont en islandais et l'autre moitié sont une langue inventée, le volenska par Birgisson, le chanteur. Ce qui fait que la moitié des gens qui nous entourent ont l'air peu réceptifs au son pourtant si recherché de Sigur Rós. Ils étaient accompagnés sur scène par un quattuor à cordes (deux violons, un alto et un violoncelle), qui n'était cependant pas le seul à utiliser des archets puisque la technique principale de Birgisson est de frotter un archet contre les cordes de sa guitare électrique, ce qui engendre de superbes chansons atmosphériques, en alternance avec des explosions plus rocks où Birgisson s'excitera d'avantage, usant fortement le crin de son archet. La batterie n'est pas laissée en reste et se donne régulièrement en impressionants solos. Le set finira sur le plus qu'excellent Gobbledigook qui donnera lieu à une explosion de "confettis" blancs, qui inondèrent le ciel par milliers.

La disparition de la musique éthérée de Sigur Rós déboucha sur un mouvement de foule sans précédent. Je croyais réellement (et naïvement) que tous les gens désireux de voir Radiohead de près si serait pris bien à l'avance, comme nous. Cela dit, après avoir laissé partir les fans de Sigur Rós, de nombreuses personnes affluent, toujours plus de personnes, alors que quinze mètres à notre gauche se trouve la barrière. Et pourtant, dans d'impressionants mouvements de foule, nous sommes régulièrement poussées d'un mètre vers la gauche, parfois un peu vers l'avant, parfois un peu vers l'arrière. Je n'arrive même pas à comprendre comment il est encore possible que l'on soit poussées et que l'on avance autant. J'ai envie de crier qu'il n'y a plus de place, mais cela ne sert à rien, nous continuons d'avancer inexorablement. On arrive bien vite à une situation insoutenable où des gens en proie à des malaises se font évacuer. Évidemment, dans un sens nous avons une place parfaite, inimaginablement bien placée. Je tente de respirer fort car du haut de mon mètre soixante-sept, avec une foule aussi serrée, j'ai comme l'impression que l'air ne vient plus jusqu'à moi. Les gens sont les uns sur les autres, je tente de dégager mon coude qui me fait mal mais je me rends bien vite compte que je suis tout simplement incapable de bouger voire de respirer convenablement. Une place parfaite, mais que dire de la situation? J'ai beau pester contre ces gens qui s'y prennent au dernier moment pour avoir une bonne place, cela ne sert à rien. Cette place parfaite est tout simpltement insoutenable. C'est le moment où j'ai du prendre une des décisions les plus difficiles de ma vie. Avoir une place parfaite mais parfaitement invivable, sans place sans oxygène sans moyen de voir la scène malgré la proximité, ou voir le concert de plus loin et pouvoir en profiter pleinement? J'ai l'impression que c'est devenu une question de survie. Après avoir pesé les pours et les contres, nous décidons de nous faire évacuer. Au bord du malaise (pour ma part), nous demandons à nos voisins de nous aider à partir. En slam évidemment, comment partir autrement? Il nous faut un temps fou pour nous hisser, la foule est tellement serrée qu'il est extrêmement difficile d'en sortir, c'est comme si nous avions pris cinquante kilos supplémentaires. Après de longues minutes d'efforts (et je remercie grandement mes voisins), je me retrouve enfin au-dessus de la foule, et bien vite à la barrière où quelqu'un me réceptionne en m'interrogeant sur mon état de santé. On m'indique la sortie, je sais où retrouver Claire qui allait se faire hisser après moi. Mais je marche lentement, je ne peux m'empêcher de penser à ces gens qui ont gâché les efforts de toute une journée. Ces gens qui ne sont pas assez fans que pour s'y prendre à l'avance, mais assez égoïstes que pour se frayer un chemin coûte que coûte, même si cela doit mettre en péril la santé des autres. Et je pense à tous ces gens sur le net qui se vante d'être des as de l'incrustation, et je les déteste plus que tout. La fatigue de la journée et ce tardif coup de théatre auront raison de mes larmes quelques minutes. Des larmes de rage et de tristesse après ces efforts vains, et comme une impression qu'on ne verra même pas Radiohead. Après cette obsession nous allions les manquer à cause de p*tains de c*nnards de m*rde, pardonnez-moi du peu.
C'est avec un moral plus bas que jamais que je retrouve Claire et un de nos comparses australiens, juste à droite de la scène. Nous décidons de reculer de 20 mètres et d'avancer vers la gauche, mais nous ne serons pas aussi égoïstes que les gens qui ont gâchés notre soirée, nous avancerons seulement jusqu'à l'endroit où nous trouvons que les gens sont déja assez serrés. Au final, à 20m de la scène, décalés de 10 mètres de l'écran de droite, nous découvrons que nous ne sommes pas si mal placés (enfin, ça c'est parce que je suis d'un naturel optimiste). En effet, en plus d'une parfaite vue de l'écran, nous voyons également la scène dans son entierté même si c'est depuis le côté. Les tubes lumineux indispensables à leur showlight sont en place, et nous n'attendons plus qu'eux, même si le moral n'y est toujours pas pour ma part. Pourtant, l'excitation reprendra peu à peu ses droits dix minutes avant leur arrivée.
Leur arrivée. Un moment hors du temps où toutes mes inquiétudes et mes colères furent balayées presque instantanément. Lorsqu'ils commencèrent à jouer, tout était définitivement oublié. Qu'ils soient près ou loin n'avait plus vraiment d'importance, de toute façon ils n'existaient plus qu'eux et nous. Ils ouvrent le bal avec une chanson d'In Rainbows, Weird fishes/ Arpeggi. Une ballade rythmiquement impeccable, où la voix tarde à venir pour arriver encore plus sublimée. Bien que nous ne soyons plus dans les dix premiers rangs, quelques personnes autour de nous ont l'air aussi fans que nous le sommes, et autant sous le charme. Hypnotisés. La chanson laisse place à The National Anthem, qui semble moins populaire auprès de nos voisins, mais les inconditionnels sont tout de même là. J'ai du mal à comprendre comment Thom Yorke fait pour chanter encore mieux en live que sur cd...
Everyone / Everyone around here / Everyone is so near / It's holding on!
Lucky résonne dans la plaine de Werchter, tel un hymne, et laisse ensuite place à All I Need. De l'émotion en barres. Cette chanson qui commence si aérienne et qui invite l'air de rien une basse à s'installer. Cette basse qui fait vibrer et qui annonce ce morceau tout en subtilité. On retient son souffle, cette prestation est magique, arrive la montée en puissance, galvanisante, électrisante. There There prend le relai pour (très bien) représenter Hail To The Thief cette fois. L'image de l'écran est quadrillée, et nous montre plic ploc Thom Yorke, Jonny Greenwood, Phil Selway... Jonny et son t-shirt imprimé d'ailes blanches. Très à propos, car la prestation de Radiohead s'envole vers les sommets. Nude est la prochaine sur la liste. Je prends un instant Claire sur mes épaules, et elle me rend la pareille quelques instants plus tard. Je reste le souffle coupé, c'est comme si je réalisais seulement que toute cette foule est là pour Radiohead. Des gens à perte de vue, sous un ciel noir d'encre, avec juste cette scène illuminée où ces musiciens semblent être éclairés de façon surnaturelle, et des milliers de petites lumières parmis les gens qui font sans doute briller gsm ou briquet à l'occasion de Nude. J'ai l'impression d'assister à un autre concert, de survoler la foule, d'être à l'avant-poste. Le temps est venu pour T.Y. de chanter cette phrase inscrite en lettres arc-en-ciel sur mon t-shirt (In Rainbows oblige) YOU'LL GO TO HELL FOR WHAT YOUR DIRTY MIND IS THINKING. La mélodie semble un instant s'enrouler autour de mon corps, n'être jouée que pour moi. Tout simplement magique. Je redescendrais ensuite sur la terre ferme, physiquement seulement.
Suivront, dans l'ordre, Climbing Up The Walls (pour le plus grand bonheur de Claire), The Gloaming, 15 Step, si rythmique, Faust Arp qui laissera s'envoler ses notes qui danseront en l'air un instant, How To Disappear Completely, Jigsaw Falling Into Place, Optimistic (pour mon plus grand bonheur, je n'osais qu'à peine l'espérer, même si le matin même j'avais assuré que c'était ma chanson préférée de Radiohead), le très rock Just reprise en choeur par une grosse partie du public, pour bien représenter les années 90, Reckoner, une véritable envolée lyrique, puis un Idioteque d'une efficacité effarante, enfin Bodysnatchers. Et ils s'en vont déja, tel un mirage. Mais c'est beaucoup trop tôt, nous nous doutons donc du rappel. Rappel effectivement il y a, qui commencera avec un Videotape plein de délicatesse, flottant d'abord et se posant délicatement dans nos oreilles, suivi de You And Whose Army? que Thom Yorke dédie aux gens qui ont des voix dans leur tête, 2+2=5, un Paranoid Android hallucinant, car c'est une chanson hallucinante qui passe du calme à l'exaltant sans oublier ces pures moments de rock qui te donnent envie de te déchainer entre ses passages psychédéliques. Et pour finir, Everything In The Right Place. Un morceau déja complexe et complet à la base, qui s'étoffe encore de nouveaux sons, c'est presque trop beau pour être vrai, mais rien ne semble hors de leur portée. Mais ils sont vont déja, si doucement, nous saluant, sur un "tried to say..." répété et entêtant. Je me rappelle avoir applaudi de toutes mes forces pendant un très long moment, je pensais au record de minutes d'applaudissements, je voulais battre ce record, je voulais qu'ils soient le groupe le plus longtemps applaudi au monde après un concert.
Est-ce que cela s'est vraiment passé? J'ai encore parfois des doutes, cela me semble si court et si fragile, j'ai l'impression de devoir protéger mon souvenir comme une pierre précieuse. Le meilleur concert de ma vie, longtemps rêvé, de nombreuses setlists façonnées, avec l'espoir que leurs morceaux plus expérimentaux seraient mis en avant, et j'ai été récompensée au delà de mes espérances. Plus merveilleux que tout ce que j'aurai pu imaginer.

En ce qui concerne les échos que j'ai entendu, ils étaient parfois négatifs, évoquant la soi-disant froideur de Radiohead envers son public et leur reprochant l'absence de Karma Police et Creep. En ce qui concerne leur première raison, je suis déçue pour eux qui n'ont pas ressenti leur communication à travers leurs morceaux. La deuxième raison me fait beaucoup rire. C'est comme aller voir Oasis en concert pour entendre Wonderwall, The Importance Of Being Idle et autres tubes. Je n'aurai pour ma part pas vu l'intérêt d'entendre un concentré de leurs hits, tel leur Best Of qui n'est même pas sorti avec leur accord rappelons-le. On ne va pas voir Radiohead pour entendre les tubes, même si c'est vrai qu'ils sont assez nombreux vu leur nombre d'années de présence, et je pense que c'est cette raison qui a poussé les gens à avoir des attentes de ce type. Mais dans un sens c'est respecter leurs fans que d'avoir jouer une setlist aussi variée, et qui change à chacun de leur concert. La prestation que nous avons entendue est totalement unique... Même s'il est vrai que pour les gens très peu au courant de leur discographie, la prestation pouvait paraitre inacessible. Mais je ne vois pas pourquoi Radiohead aurait uniquement joué pour ces gens-là, et pas pour ceux qui rêvent de les voir depuis de nombreuses années...
J'ai entendu des reproches aussi sur les morceaux joués issus majoritairement des dernières années. Mais encore une fois, malgré leur discographie étendue, ils sont quand même dans la tournée In Rainbows, il est donc logique qu'ils en jouent 9 morceaux sur 10 (pas de House Of Cards, choix judicieux). Ils ne vont tout de même pas éternellement tourner en rond sur Pablo Honey et The Bends. Pablo Honey est tout de même le seul album qui n'a pas été représenté. Une chanson de The Bends, trois de Ok Computer, cinq de Kid A, une chanson d'Amnesiac et trois d'Hail To The Thief ont aussi été jouées, ce qui couvre quand même une bonne partie de leur discographie. Et un coup de coeur personnel pour Kid A me fera apprécier cette setlist plus que quiconque. Oui, des morceaux plus expérimentaux, mais Radiohead c'est aussi et surtout des musiciens qui recherchent sans cesse comment aller plus loin.


Inutile de dire qu'à l'issue de cette journée, j'étais complètement crevée mais tellement euphorique qu'il était impensable d'aller dormir sur une telle note. La nuit serait courte mais suffisante pour profiter de la 4e journée qui s'annonçait autrement plus reposante.

No matter what happens now
I won't be afraid
Because I know today has been
The most perfect day I've ever seen
* Videotape

# Posté le vendredi 25 juillet 2008 14:59

Modifié le vendredi 01 août 2008 03:21

Werchter - Jour 2 - Vendredi 4 juillet 2008 - Close to paradise

Werchter - Jour 2 - Vendredi 4 juillet 2008 - Close to paradise
Nous avons pris notre temps ce matin-là pour accéder à la plaine, car rien ne nous intéressait avant Patrick Watson. Après l'avoir élu découverte du festival Pukkelpop 07, jouant sous le Château (meilleur endroit possible en festival), c'est avec un plaisir immense que je souhaitais le revoir cette année, avec une connaissance solide de ses morceaux cette fois-ci.
Je ne trouve pas bien les mots pour décrire ce que j'ai ressenti une nouvelle fois face à Patrick et ses musiciens. Sensiblement la même chose que l'année passée, même si la salle était beaucoup plus grande, et le public aussi. Qu'importe. Qu'on soit loin ou près de la scène, on se sent tout autant dedans. J'étais d'autant plus transportée par des morceaux tels que The Storm, qui a le pouvoir de faire voyager tout en restant sur place, ou Close To Paradise qui porte si bien son titre.
Des musiciens irréprochables l'entourent, toujours ce guitariste de génie. Et puis la voix de Patrick, non seulement d'une justesse irréprochable mais d'une beauté époustouflante... Mais en fin de set, un malheur leur arrive: momentanément plus d'électricité pour continuer à jouer sous la Pyramid. Je pense que n'importe quel groupe se serait senti abattu ou en colère face à cette nouvelle, surtout quand le groupe à côté n'est autre que Slayer (ce qui produit évidemment beaucoup de décibels). Mais PW et sa troupe gardent le sourire et décident de continuer à jouer. Un Man Under The Sea que j'avais déja entendu en accoustique, mais de là à espérer une telle perle:
Man Under The Sea esquissée sur la scène
C'est à ce moment là que je me précipite près de la barrière qui découpe la salle en deux, et que je me retrouve auprès de Claire. Et que le groupe décide ensuite à son tour de parcourir de long en large cette barrière, avec un tambour, deux baguettes, un haut-parleur et une guitare sèche.
Man Under The Sea jouée auprès du public
Un moment magique. A très bientôt, Patrick.

Nous apprenons aussi à ce concert que les Babyshambles ne viendront pas plus tard dans l'après-midi. Ben voyons, quelle surprise! J'étais assez fière d'avoir soutenu pendant des mois qu'ils ne viendraient pas. Le problème est juste que certaines personnes présentes ce jour-là venaient seulement pour eux. Enfin, on n'apprendra jamais le respect à Pete Doherty. Nous décidons de rester à la Pyramid pour écouter Ben Folds que nous ne connaissions pas. Un petit côté Rufus Wainwright pas désagréable.

On accueille ensuite My Morning Jacket depuis l'extérieur, tranquillement assis. Pas désagréable non plus, mais écoutés d'une oreille distraite tout en discutant, rien de transcendant.

Nous migrons afin de voir Jay-Z. Avec beaucoup de méfiance d'abord, mais entre Duffy et lui, le choix était quand même fait. Et puis au fond, je dois l'avouer, c'était très sympa. Bien que nous étions assis, et loin, l'ambiance était excellente et il ne faisait pas du tout "tâche" dans l'affiche de Rock Werchter. Je me suis même surprise à me lever pour mieux voir. En gros, American Boy avec Estelle, sa collabo avec Linkin Park, son morceau avec Beyonce, celui avec Rihanna, ils y sont tous passés (malgré le fait qu'il était tout seul). Et c'était extrêmement divertissant, avec beaucoup de cuivres, des côtés jazzy... En gros, contente de ne pas avoir été voir Duffy!

Motivées par Jay-Z, nous avançons plus près de la grande scène pour voir The Verve. Une toute autre ambiance que Jay-Z forcément. Mais elle aurait pu tout à fait être aussi bonne. Seulement elle s'essoufle inexorablement après quelques morceaux. On se surprend à regarder autour de nous plus que devant, à bailler, et même à demander s'ils n'ont pas déja jouer cette chanson-là: les chansons passent et se ressemblent toutes. On n'en voit pas la fin. On reste jusqu'à leur vieux tube (Bitter Sweet Symphony) puis on file vite pour la fin des Belges de Zita Swoon, qui se révèlent un peu plus amusants.

C'est le mythique Neil Young que nous allons ensuite voir. Une prestation que je n'ai pas non plus regardé dans son entierté malgré son indéniable qualité, ses solos grandioses et la bonne bouille de Neil, qu'on s'amuse à imaginer dans un supermarché en se disant qu'on le prendrait pour n'importe quel grand-père. Sauf s'il porte son costume de scène. Ce dinosaure du rock est toujours ce qu'il était.

Tout autre registre avec Hot Chip qui me met dans le même état que Soulwax hier, sinon encore meilleur étant donné que je connaissais pas mal de chansons d'Hot Chip avant de les voir. Mais c'est Ready For The Floor qui semble recueillir la palme du public (sans doute la seule connue par la majorité du public). Des côtés expérimentaux, des côtés plus électros voires parfois plus rocks, Hot Chip reste un groupe complet, original et surprenant. Un peu déçue de ne pas avoir eu droit à certains morceaux de Coming On Strong ou de The Warning. A revoir tout de même au Pukkelpop.

Plus ou moins même topo pour Digitalism de l'excellent label Kitsuné (qui a décidément beaucoup de flair) qui ne nous a pas déçu un seul instant, explosant régulièrement en beats d'une efficacité affolante. Mais ça ne vaut tout de même pas l'amusement d'hier avec Soulwax et 2 Many DJs, malgré les très bonnes pistes.

Mais c'est Moby qui clot la soirée avec virutosité. Je n'avais pas très fort accroché à l'écoute du dernier album, Last Night. Pourtant, en live, il ne nous a pas fallu 5 minutes pour rentrer dedans. D'abord nous arrivons en décidant d'écouter juste quelques minutes, puis nous décidons vite d'avancer là où les gens bougent, car il nous semble impossible de ne pas bouger sur ce que nous entendons. Un savant mélange entre de vieilles chansons (In My Heart, Lift Me Up) et de nouvelles (The Stars ou encore Disco Lies qui nous restera en tête toute la soirée) est effectué sous nos yeux et surtout nos oreilles. Des titres tantôt électros tantôt réellement taillés pour le dancefloor sont joués à la suite les uns des autres, pour le plaisir de nos jambes. Un très bon souvenir d'une ambiance de folie sous la voix de Moby et de la voix féminine de ses albums, une superbe afro-américaine qui possède une voix à la fois chaleureuse et puissante. De nombreuses percussions et des instruments variés ont fait de Moby un vrai roi de Werchter.
On finit par dire lui dire au revoir, dans une humeur de fête qui se poursuivra au camping.

# Posté le jeudi 24 juillet 2008 04:30

Modifié le jeudi 24 juillet 2008 11:49

Werchter - Jour 1 - Jeudi 3 juillet 2008 - I had a secret meeting in the basement of my brain

Werchter - Jour 1 - Jeudi 3 juillet 2008 - I had a secret meeting in the basement of my brain
[ Un bronzage parfait (ou presque), des frissons sous 42°C en écoutant Radiohead et une bonne dizaine de jours plus tard, me voici enfin d'attaque pour effectuer ce compte-rendu de Werchter 2008! ]

Un peu plus de courage cette année pour marcher jusqu'à un camping un peu plus près du site du festival que celui de l'année passée... Une fois nos affaires installées au camping A3, et une petite sieste histoire de tenir le coup le premier jour, nous nous rendons enfin sur le site du festival, histoire de commencer cette édition 2008.

... qui commence doucement avec Air Traffic, un groupe anglais qui ne se démarque pas vraiment des autres. Après une écoute tout de même attentive, nous avons pu en dégager les influences principales: quelques chansons étant piquées à Keane et d'autres n'étant que de pâles copies de Muse. Bon. Passons à la suite autrement plus alléchante.

Direction la Pyramid pour un des groupes qui motivait grandement ma venue. Vampire Weekend nous offre sa pop efficace qui change tellement de ce qu'on a entendu juste avant. C'est vrai que VW ne va pas non plus révolutionner le monde de la musique, mais ils font parties de ce petit nombre de groupe qui fait sourire et qui offre tout simplement une prestation de qualité qui fait réagir et danser son public par le côté sautillant, chaleureux et festif de sa musique. Un côté Dirty Projectors qui auraient piqué le sourire de I'm From Barcelona. Rien de mieux donc pour nous permettre de rentrer dans l'ambiance du festival, en quelque sorte un concert apéritif par ces New-Yorkais, précédant un set encore plus attendu par d'autres New-Yorkais.

Nous nous rapprochons de la scène pour accueillir comme il se doit les musiciens de The National. Un 3e rang atteint sans difficulté nous satisfait au plus haut point et nous nous asseyons en attendant ces mélomanes. Une attente qui encore maintenant me parait une éternité, malgré un brin de conversation avec un gars de Las Vegas. Très impatiente d'enfin entendre en live ces chansons que j'ai tant écoutées. Heureusement nous n'avons pas attendu pour rien (clin d'oeil aux fans des Babyshambles), car The National arrive avec un Start A War éclatant. Suivront Brainy, Secret Meeting (qui m'est restée 4 jours en tête), Baby, We'll Be Fine, un autre titre que je n'ai pas reconnu sur le moment, Mistaken From Strangers, Abel, Squalor Victoria, je ne me suis pas non plus souvenue immédiatement du titre suivant, Apartment Story, Ada, Fake Empire, et Mr November pour finir en beauté. Les fans me paraissent être venus en nombre pour soutenir le groupe, où peut-être que The National a converti la salle en peu de temps. Quoi qu'il en soit, c'est sous des chants et des applaudissements nourris que ces musiciens investis nous livrent leurs mélodies puissantes. Ces nombreuses arpèges à la guitare, si souvent entendues sur cd, prennent une autre ampleur, encore plus vraie. Juste devant moi, des Italiens qui connaissent tout jusqu'au moindre ajout de rythme de la batterie, et en face de moi, Matt Berninger qui chante avec son coeur, qui crie ses paroles sincères, qui fait vibrer l'assemblée de sa voix grave, qui va jusqu'à s'essouffler dans son micro. La part belle est plusieurs fois donnée au violoniste survolté, qui joue avec tant d'intensité qu'il est presque impossible d'imaginer mieux. The National en concert, ce n'est pas un spectacle, ce n'est pas une comédie. Rien de ce qui nous est offert n'a l'air faux. Ils ont créé une bulle d'intimité le temps d'un concert, qui m'a rappelé celle inoubiable d'un concert d'Interpol.
En tout cas, c'est décidé. Si le violoniste décide de rendre son tablier, je suis plus que d'accord pour prendre sa place...

C'est une fameuse averse qui nous accueille à la sortie de cette sublime heure, et la sortie de la Pyramid ne se fait pas sans peine: se faufiler entre les gens déja trempés, préférant être serrés plutôt que dehors n'est pas une mince affaire. Mais nous décidons tout de même d'aller jeter un oeil à ce vieux lover qu'est Lenny Kravitz (encore un New-Yorkais!). Quelques chansons cultes sont éparpillées dans un set somme toute agréable malgré la pluie, alternant ballades pop, touche groove et morceaux plus rock. J'ai pu constater diverses choses, notamment que Lenny ne retirera qu'une fois ses lunettes de soleil malgré le temps de m*rde. La banalité de ma phrase précédente vous renseigne sur le statut de ce concert: divertissant mais pas inoubliable.

Après avoir salué ce bon vieux Lenny, nous nous dirigeons à nouveau vers la Pyramid pour danser sous le son des frères Dewaele, tout d'abord sous l'étiquette 100% BE de Soulwax et son PART OF THE WEEKEND NEVER DIES. Il est vrai que maintenant, autant de jours après, je serai incapable de trier tous mes souvenirs entre ceux de Soulwax et ceux de 2 Many DJs. Bon. Mais le souvenir qui me reste des deux est assez similaire, c'est en tout cas un très bon souvenir. Ces deux frères semblent faire partie des projets electros qui m'amusent le plus et qui sont les plus aptes à me faire danser (sans me lasser (exploit)). Notamment ce remix de Klaxons que j'adore, celui de Gravity's Rainbow. Déja la fin après une petite heure, mais le rendez-vous est donné pour le seconde apparition un peu plus tard, à marquer d'une croix blanche.

En attendant, c'est vers R.E.M. et la Main Scene que nous nous dirigeons enthousiasmés. A tort. Un des concerts les plus chiants auquel j'ai pu assister. Désolée d'être si radicale, mais à part le concert des Smashing Pumpkins au Pukkelpop 07, je ne me suis jamais autant ennuyée en écoutant de la musique live. On venait dans l'espoir de voir ce groupe un peu mythique nous faire briller les yeux le temps d'un set. La balance des instruments est totalement ratée, la voix et la basse se noient sous le déluge de la guitare. On finit par repartir après 5-6 chansons (c'est bien la preuve de notre persévérance!), histoire de se mettre quelque chose sous la dent. On entendra Supernatural Superserious, leur nouveau titre, de loin, mais sans regret aucun. La déception mine nos visages et la fatigue prend doucement le dessus étant donné qu'on se lève très tôt pour être vite installé à Werchter et que c'est le jour qui dure le plus tard. Heureusement pour ma part, la sieste fut efficace.

2 Many DJs arrive enfin pour faire danser le parterre de la Pyramid. C'est un déluge de bons sons qui nous font vibrer avec notamment un étonnant remix de Roots Bloody Roots de Sepultura. Une surprise de taille pour une chanson grandiose! Dommage que le public ne semble pas connaître ce répertoire. C'est à ce moment que certains de nos compatriotes fatigués décident de nous quitter afin d'aller dormir; mais nous restons, car les frères Dewaele semblent continuer fort. Nous aurons également droit à Rebellion (Lies) d'Arcade Fire, pour notre très très très grand plaisir, ou encore Marcia Baila des Rita Mitsouko (mais c'est la mort qui t'a assassiné Marcia, hommage à un musicien récemment décédé, Fred Chichin, moité des Rita Mitsouko). Après presque deux heures de danse, passées de surprises en surprises, agrémentées de perles, c'est avec regret que nous laissons partir le meilleur de l'électro.

10 minutes du côté des Chemical Brothers nous suffisent pour découvrir qu'ils ne feront pas naître chez nous la même étincelle que 2 Many DJs ce soir. Nous quittons la plaine, fatiguées mais néanmoins satisfaites de notre première journée.

EDIT: J'ai presque oublié ce moment juste avant le concert de The NationalCreep de Radiohead est passé en fond sonore. Ce moment où tous les gens sous la Pyramid se sont mis à chanter Creep en même temps. Électrisant...

# Posté le mardi 22 juillet 2008 07:54

Modifié le samedi 26 juillet 2008 07:24

you could have it so much better!

Je reviens le lundi 6 pour quelques jours et une review de Werchter, avec notamment The National (photo) demain sous la Pyramid!

Mais il se trouve que nous vivons aussi le paradoxe de l'indie kid. On peste et on enrage à voir un groupe qu'on adore rester désespérément confidentiel, et lorsque le succès arrive, on se sent dépossédés de notre petit truc à nous. Que celui qui n'a jamais connu ça me jette ce qu'il croit être la première pierre, je lui répondrai que j'écoutais déjà cette pierre il y a cinq ans. Black Candy Music




you could have it so much better!

# Posté le mercredi 02 juillet 2008 11:37

Verdur Rock édition 2008

15h, le Verdur débute pour moi avec une forte envie d'enfin voir Depotax et son We Do Remember que j'apprécie tant. Le concert commence avec un peu de retard mais la performance est à la hauteur de mes espérances. Entre ses danseuses déchainées et ses déguisements décalés, persiste un son psychédélique et expérimental qui reste pourtant très accessible, même à la première écoute. Une représentation aussi théatrale que musicale s'offre aux yeux des déja nombreux occupants du fameux théatre, et quelques danseurs se risquent à l'avant-scène.

Aux premiers rangs se trouvent les musiciens et supporters des groupes du concours 2008, en première partie du Verdur Rock, et ces derniers attendent impatiemment les résultats qui tombent à la suite de Depotax. De nombreux prix sont distribués, et nous trouvons notamment à la première place The Bikinians et Elvis Black Stars à la seconde.

Les Vedettes suivent cette remise de prix, avec un spectacle de majorettes décalé, que je quitte assez vite par manque d'intérêt pour revenir voir plus tard les Blérots de R.A.V.E.L. (Renouveau Artistique Volontairement Elaboré par des Losers), véritable petit orchestre. Sur scène se construisent de véritables perles avec divers instruments tels que le violon, la guitare, l'accordéon, le mélodica, le glockenspiel, la trompette, la contrebasse, le banjo ou encore le tuba (+ les inévitables percussions). Une voix masculine agréable, souvent rejointe par une voix féminine qui l'était tout autant, et en prime une mini chorale parlée vers la fin du set. En gros, une véritable petite fanfare qui nous livre des chansons enjouées dans le style des Ogres de Barback.

La foule devient très dense plus d'une heure plus tard pour l'arrivée des (apparemment) très attendus membres de Saint André, qui se mettent à nous jouer de petites chansons dans un style pop gentille - chanson française. Rien à signaler excepté un timbre de voix très agréable... mais des riffs répétitifs (qui en deviennent même parfois soporifiques en fin de set) gachent vraiment la musique. Sympa mais pas vraiment transcendant... Beaucoup de fans dans l'assemblée leur réservèrent un accueil plus que chaleureux, et les quelques commentaires du chanteur Jean-Charles Santini les remercièrent grandement.

Tout autre ambiance pour The Von Durden Party Project qui rentre sous les décibels de son rock stoner dont les intros ne sont pas sans rappeler celles des Queens Of The Stone Age eux-même (ce qui me laissa une impression persistante qu'une reprise allait arriver, genre Little Sister ou A Song For The Dead^^). Un guitariste déchainé, un batteur talentueux et une voix sans faille sont les principaux atouts de ce groupe dont on réentendra surement parler. Un set qui m'a paru court car, contrairement à leurs prédécesseurs, ils ne me laissèrent pas m'ennuyer un seul instant.

The Bug, tout droit venus de Grande Bretagne, sont les suivants à se présenter sur la scène. Défi difficile à relever après le sans faute des Von Durden! Cela dit, la différence de style leur a permis de tenir le rang, car The Bug nous livre plutôt un hip-hop (incorporant pas mal d'autres styles, par exemple la drum'n'bass) lourd d'efficacité qui a fait danser les uns et bouder les autres, attendant impatiemment Hooverphonic. Malheureusement trop de "parlé" à mon goût, ce qui cassa le rythme et inévitablement l'ambiance.

Et enfin arrive le groupe le plus attendu de la soirée, si on en croit les nombreux cris qui fusèrent derrière moi pendant que les roadies installaient le matériel. Ce qui est sûr, c'est qu'Hooverphonic a su se faire désirer: normal pour un des plus gros groupes belges qui tentent de renouer avec le public en livrant quelques shows plus intimes, comme notamment samedi soir au Verdur qui est, rappelons-le, une festival gratuit! Ce qui est sûr, c'est que le set valait la peine d'attendre. Des titres de leur nouvel opus, The Président of the LSD Golf Club, ainsi que d'autres morceaux plus vieux tel que le sublime Eden. Un Alex Callier et une Geike Arnaert en grande forme nous ont offert un superbe concert d'une longueur raisonnable et d'une touche intime très agréable. De plus je me trouvais à une excellente place, pemière marche devant la scène, qui fut cependant très difficle à garder avec un monde fou qui se bousculait... J'ai rarement connu ça en plein air, même à Werchter!

Pour terminer le Verdur Rock se présentait l'artiste pour lequel j'avais réellement fait le déplacement, Daan. Le retard accumulé de la journée le fait débuter son set à 00h50 au lieu de minuit. L'attente fut longue malgré une conversation avec un voisin qui, remarquant mon t-shirt, émit l'hypothèse qu'un jour QOTSA vienne au Verdur... Et que nous serions dès lors olbigés de dormir 4 nuits durant devant la scène. Mais malheureusement je n'avais pas imaginé un tel retard, moi qui aime pourtant d'habitude tout prévoir. Seulement deux chansons du Elvis belge (comme me l'a fait remarquer ce même voisin) et il était déja tant pour moi de partir. Un goût de trop peu qui me reste encore trop amer que pour le digérer.

Point fort: The Von Durden Party Project
Point faible: Mon inaptitude à prévoir les 50 minutes de retard de Daan!!!

Verdur Rock édition 2008

# Posté le lundi 30 juin 2008 18:40

Modifié le mercredi 02 juillet 2008 09:52